L’écran de sous-toiture est parfois présenté comme une seconde toiture étanche. Cette formule est trompeuse. Installé sous la couverture, il assure des fonctions complémentaires selon ses caractéristiques : limiter certaines pénétrations accidentelles d’eau ou de neige poudreuse, protéger temporairement des matériaux et contribuer à la gestion des flux de vapeur. Un écran mal raccordé ou vieillissant peut au contraire devenir une source de désordre.
Quelle différence entre un écran HPV et un écran non HPV ?
HPV signifie « haute perméabilité à la vapeur d’eau ». Ce type d’écran permet une diffusion importante de la vapeur d’eau à travers le matériau, tout en restant conçu pour résister à l’eau dans les conditions prévues. La perméabilité à la vapeur et l’imperméabilité à l’eau sont deux propriétés distinctes.
La présence du sigle HPV ne garantit pas, à elle seule, une toiture sans condensation. Les raccords, la mise en œuvre, les conditions de ventilation, la conception de l’isolation et le traitement de la vapeur côté intérieur doivent rester cohérents.
À quoi sert l’écran sous des tuiles ?
La couverture principale reste assurée par les tuiles ou les autres éléments de toiture. Sous l’effet du vent ou d’un événement météorologique particulier, de faibles quantités d’eau ou de neige poudreuse peuvent néanmoins passer sous certains éléments de couverture. Un écran adapté contribue alors à protéger les parties situées au-dessous et à orienter les écoulements vers des points de sortie prévus.
L’écran n’est pas destiné à compenser une couverture durablement cassée, déplacée ou mal conçue. Il ne justifie pas non plus de repousser indéfiniment une réparation nécessaire.
Contre-liteaunage et circulation d’air
Le contre-liteaunage, lorsqu’il est requis, crée un espace entre l’écran et les liteaux de couverture. Il facilite le cheminement de l’air et certains écoulements. Les détails dépendent du système de couverture et des prescriptions applicables.
Un espace théoriquement présent peut devenir inefficace s’il est obstrué. C’est pourquoi les points d’entrée et de sortie d’air, les interruptions en toiture et les raccords doivent être cohérents avec le reste de l’ouvrage.
Le détail sensible du bas de pente
Au niveau de l’égout, le raccordement de l’écran demande une attention particulière. Un écran descendu ou raccordé de manière inadaptée peut favoriser des stagnations, des retours d’humidité ou des dégradations selon les matériaux et les conditions d’exposition.
Il serait toutefois excessif d’attribuer automatiquement toute humidité en bas de pente à la capillarité de l’écran. Il faut contrôler l’état du matériau, sa protection contre les UV, l’orientation des écoulements, les raccords et la présence d’autres sources d’humidité.
Vieillissement, déchirures et réparations
Un écran peut subir des déchirures, des dégradations au contact d’éléments coupants, une exposition aux UV non prévue ou des défauts de raccordement autour d’une pénétration. Son aspect depuis les combles peut renseigner, mais ne permet pas toujours de vérifier toute sa continuité.
Lors d’une rénovation importante, il est pertinent d’évaluer l’intérêt de créer ou de remplacer l’écran en fonction de la toiture. Dans d’autres cas, une réparation ciblée de la couverture peut suffire. Le choix dépend des désordres constatés, pas d’une obligation universelle de tout démonter.